? Le cheminement spirituel en islam
Entre amour, crainte et tawḥīd : une métaphore du voyage intérieur
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Tawḥīd : la direction
Le cap vers Dieu, l’Unique. Sans tawḥīd, on sort de la route : on peut aller vite… mais dans la mauvaise direction.
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L’amour : le moteur
Il propulse l’âme. Sans amour, pas de mouvement, pas de vie spirituelle. La foi devient une coquille vide.
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La crainte : les freins
Elle freine les dérives et garde le cœur conscient. Sans crainte, on risque de dévier ou d’abuser de l’amour.
“C’est ainsi que naît l’adoration sincère : quand la direction est claire (tawḥīd), que le moteur est puissant (amour), et que les freins sont bien réglés (crainte).”
⚖️ Les excès dans les piliers du cheminement
Une triple mise en garde
? L’excès dans le Tawḥīd : Trop vouloir comprendre Dieu, c’est parfois oublier qu’Il est Celui qui dépasse toute compréhension. Certains s’enlisent dans la spéculation sur Ses attributs, en oubliant que le tawḥīd est d’abord un acte d’humilité et de foi. Plus on dissèque, plus on perd l’essence.
❤️ L’excès dans l’Amour : L’amour non régulé peut glisser vers la déification. Les chrétiens, dans leur amour pour Jésus, l’ont divinisé. ‘Umar a cru que le Prophète ne pouvait mourir. Al-Ḥallāj s’est pris pour Dieu. L’amour est feu sacré, mais mal contenu, il brûle.
⚠️ L’excès dans la Crainte : Une peur excessive inhibe le croyant, le paralyse, l’empêche d’avancer. Il oublie la miséricorde divine, la nature humaine, la beauté du pardon. Il vit dans l’angoisse et non dans la présence.
“L’équilibre crée la joie dans l’action, l’apaisement dans la difficulté, la détermination dans la patience, et l’amour pour les créatures.”
? L’adoration et l’amour : une dynamique réciproque
Dans un hadith qudsī rapporté par al-Bukhārī, Dieu dit :
« Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les œuvres surérogatoires, jusqu’à ce que Je l’aime. Et lorsque Je l’aime, Je deviens son ouïe par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit, sa main par laquelle il saisit, son pied par lequel il marche. »
Ce hadith révèle une vérité profonde : l’adoration naît de l’amour, et engendre un amour particulier de Dieu. Cet amour transforme tout l’être du croyant, qui devient aligné avec la volonté divine dans ses perceptions, ses actes, ses mouvements.
L’amour pousse à adorer. L’adoration sincère nourrit l’amour. Et cet amour transforme la perception, l’action, la présence au monde. Ce n’est plus une simple conformité : c’est la conformité de la volonté du serviteur de Dieu à la volonté de Dieu, qui s’y abandonne librement, avec amour.
“Tout est amour : il est la source de l’adoration, son fruit, et sa perfection.”